Spyke

Posts

Les robots du Forum Libre jouent à cache cache ?

Où n'aiment-ils pas tout simplement les étrangers ?

Je viens juste de remarquer que les publications automatiques de Nono le petit robot et de LeRobotDesPtitsJeux n'apparaissent pas sur le FL quand je suis connecté à mon compte slrpnk.net.

Problème de réglages de mon côté ? Complot pour forcer à utiliser le compte de l'instance ? Les robots cachent-ils les clés du mystère au chocolat ?

View original on slrpnk.net

Limitation du droit de grève : une stratégie à l'œuvre à l'échelle européenne

La CGT saisit le tribunal administratif pour faire annuler la note de service mais ce dernier ne reconnaît pas le caractère d’urgence de la procédure et le syndicat est débouté. La demande de la CGT sera jugée sur le fond ultérieurement, en attend le mal est fait : les débrayages ont cessé et la mobilisation est affaiblie.

C'est rigolo ça me rappelle le fois où la justice administrative a mis ~1 et demi pour annuler un arrêté manifestement illégale se reposant sur des lois contre le terrorisme pour interdire à des manifestants de faire du bruit avec des casseroles...

https://france3-regions.franceinfo.fr/occitanie/herault/montpellier/visite-d-emmanuel-macron-en-pleine-reforme-des-retraites-juge-illegal-un-arrete-anti-casseroles-annule-par-la-justice-3103822.html

Limitation du droit de grève : une stratégie à l'œuvre à l'échelle européennehttps://rapportsdeforce.fr/pas-de-cote/limitation-du-droit-de-greve-une-strategie-a-loeuvre-a-lechelle-europeenne-103125815Open linkView original on slrpnk.net

Mégabassines : un modèle économique en train de couler |&| Deux chantiers de bassines bloqués par des fouilles archéologiques

Mégabassines : un modèle économique en train de couler

La coopérative poitevine responsable de la retenue de Sainte-Soline est fragilisée par les dernières décisions judiciaires. Mais au-delà de ces difficultés, c’est toute l’architecture économique des mégabassines qui est compromise.

Yann Philippin et Amélie Poinssot 1 novembre 2025 à 10h38

Entre pro et antibassines, la tension est à son comble. Deux manifestations se faisaient face, vendredi 31 octobre au soir à Poitiers, dans la Vienne. Défenseurs et défenseuses de ces stockages d’eau destinés à l’irrigation agricole vont jusqu’à afficher sur la voie publique des menaces de mort envers les opposant·es.

Mais d’autres tensions, plus sourdes, montent aussi à l’intérieur même des cercles favorables aux mégabassines. C’est le cas au sein de la Coop de l’eau 79, qui construit et exploite les retenues des Deux-Sèvres, dont l’emblématique réserve de Sainte-Soline fait partie. Lors des dernières assemblées générales, « ça a grincé », confie un participant, à cause des tarifs de l’eau, jugés trop élevés pour un service défaillant. Et pour cause : sur les seize bassines prévues (dix-neuf à l’origine), seules quatre ont été construites, dont trois sont en activité aujourd’hui.

Pierre*, un céréalier membre de la coopérative jusqu’à son récent départ à la retraite, explique les raisons de la colère. Depuis la création de la Coop en 2011, le tarif de l’eau a fait la culbute : annoncé au départ à 7 centimes, le prix du mètre cube (m^(3)), sans compter la redevance de l'eau, s’élève aujourd’hui à 34 centimes pour la quinzaine d’exploitations raccordées aux bassines existantes et à 16 centimes pour les nombreuses qui ne sont pas raccordées. Lesquelles continuent à fonctionner avec leurs forages en attendant l’aménagement des futures retenues, sans garantie de pouvoir disposer des volumes qui leur sont théoriquement alloués.

C’est le vécu de Pierre, qui arrosait 40 hectares de maïs. Sa dernière facture ? 8 000 euros environ, pour un volume annuel de 55 000 m³, que l’eau soit consommée ou non au final. Pourquoi payer autant, qui plus est pour une quantité qui n’est pas toujours intégralement utilisée ? « Cet argent, c’est la mise de fond pour avoir le projet, répond Pierre. On nous l’a promis pour dans deux ou trois ans. »

Sauf que cette promesse semble de plus en plus irréalisable. La Coop de l’eau traverse une sévère crise financière, au point que plusieurs exploitants évoquent un risque de « faillite », comme l’a rapporté le média en ligne Reporterre. Si la structure a souffert d’une hausse de ses coûts et de décisions de justice défavorables, l’enquête de Mediapart montre que le modèle économique des mégabassines est structurellement dans l’impasse, malgré un financement public massif.

Une dette de plus de 6 millions d’euros

La Coop de l’eau, qui n’a pas répondu à nos questions malgré nos relances, explique à ses adhérent·es que les problèmes financiers viennent de facteurs externes : hausse des prix des matériaux et de l’électricité, et dépenses liées aux manifestations écologistes et aux dégradations. Depuis les manifestations à Sainte-Soline en mars 2023, il y a eu plusieurs « débâchages » de bassines dans la région, même si celles de la Coop de l’eau n’ont pas été directement touchées. « La hausse du prix ne serait pas si importante s’il n’y avait pas des sites à protéger et à réparer », fulmine Guillaume Soulisse, un agriculteur de la coopérative.

Les comptes de la Coop de l’eau confirment l’importance de ces dépenses : 456 000 euros de frais de « gardiennage », « vidéosurveillance » et autres « barrières » ont été comptabilisés l’an dernier comme des investissements, alourdissant d’autant le coût des quatre bassines existantes.

Mais ces difficultés masquent un problème plus profond : la Coop manque cruellement d’argent pour financer la construction des douze autres réserves prévues. En 2023, elle avait accumulé 3,2 millions d’euros d’impayés auprès de ses fournisseurs. L’ardoise a été réduite à 900 000 euros l’année suivante, mais la coopérative a été obligée d’emprunter aux banques pour rembourser ses fournisseurs. Cela a encore alourdi sa dette, qui culmine à 6,3 millions d’euros en 2024.

La structure vit en outre sous perfusion d’argent public. Au total, depuis sa création, elle a touché plus de 8,35 millions d’euros, que ce soit sous la forme de subventions d’investissement (7,6 millions jusqu’en 2024) ou de subventions d’exploitation (plus de 750 000 euros sur la période 2019-2023).

C’est ainsi que les quatre premiers chantiers de bassines, dont le coût total revient à 12,5 millions d’euros, ont été intégralement financés par la dette et l’argent public. Et selon notre analyse des comptes, les contributions des agriculteurs sont à peine supérieures aux frais de fonctionnement. Tel le tonneau des Danaïdes, l’argent injecté ne permet pas de faire fonctionner la structure, et la Coop risque d’avoir bien du mal à rembourser ses dettes.

Quant au financement des douze bassines restantes, qui reviendrait, selon nos calculs, à plus de 40 millions d’euros, il paraît bien compromis. Selon nos informations, la structure n’a même pas les fonds nécessaires pour lancer la construction de la prochaine réserve planifiée, celle de Saint-Sauvant, dont le chantier devait démarrer l’année dernière. « Même avec les subventions, le système va mourir », pronostique Pierre.

De nombreux exploitant·es, asphyxié·es par la hausse des prix de l’eau et excédé·es d’attendre les retenues promises, ont même cessé de régler leurs factures. Lors de l’assemblée générale de 2023, une quarantaine de mauvais payeurs avaient été recensés. Un an plus tard, le montant total des impayés atteignait 941 000 euros. Dont 313 000 euros classés comme « créances douteuses », c’est-à-dire probablement irrécupérables.

Une coopérative qui perd ses adhérents

Au cœur des désaccords, il y a le fait qu’en cas d’arrêté sécheresse, comme c’est souvent le cas dans la région en début d’été, seules les quelques exploitations raccordées aux bassines ont encore accès à l’eau. Pour les autres, sauf dérogation, des récoltes entières peuvent être perdues. Mais c’est aussi le système de facturation des volumes d’eau, sans lien avec la consommation réelle, qui pose problème.

Guillaume Soulisse est exploitant bio en grandes cultures. En attendant la construction de la bassine sur son secteur, il paye pour 80 000 m³ d’eau par an, alors qu’il n’en consomme que 50 000 à 60 000. Cette facturation déconnectée des volumes « fait partie des points de friction », nous dit-il. « Le prix pose problème, il faut qu’on arrive à le faire baisser. »

Cela semble aujourd’hui impossible. Sur les près de 300 adhérent·es que compte la Coop, une dizaine d’agriculteurs l'ont quittée l’an dernier, selon Reporterre, ce qui va réduire les revenus. Et d’autres pourraient suivre. C’est le cas des maraîchers, qui ne bénéficient pas du système des bassines et qui subissent malgré tout la hausse du prix de l’eau. C’est le cas, aussi, des exploitations du nord-ouest de la Vienne, intégrées à la même gestion collective alors qu’aucune réserve n’est prévue chez elles.

C’est de ce coin-là, le bassin du Thouet, que viennent de nombreux impayés aujourd’hui. Stéphane Clisson fait partie du mouvement. « Nous n’avons jamais reçu de service de la part de la Coop, nous n’avons aucun intérêt à continuer à payer ses frais de fonctionnement », indique-t-il.

À la tête, avec deux associés, d’une exploitation laitière en bio, cet éleveur s’est déjà adapté à produire avec moins d’eau. Et cela fait un moment qu’il a de sérieux doutes sur le modèle économique de la Coop : « Ça a commencé avant les dégradations des bassines : je voyais bien que l’irrigation avec les bassines n’était pas rentable. Et je ne vois pas comment, économiquement, le projet peut aboutir. Les autres bassines ne pourront pas être construites sans un soutien financier de l’extérieur. »

Un ultime coup de massue judiciaire est survenu le 26 septembre : la cour d’appel administrative de Bordeaux, confirmant un jugement de première instance, a ordonné une baisse de 25 % des prélèvements d’eau dans le secteur, afin de préserver la ressource. « Le volume provisoire alloué par le juge correspond au volume théorique des seize mégabassines, explique Marie Bomare, juriste à Nature Environnement 17, l’une des associations à l’origine du recours. Cela signifie que si toutes ces bassines sont construites, seuls leurs bénéficiaires auraient encore accès à l’eau sur le secteur. Ce serait un accaparement, au détriment des non-raccordés, comme les maraîchers. »

Guillaume Soulisse, membre de la Coop, confirme que le regroupement d’agriculteurs va devoir faire avec moins d’eau : « C’est un nouveau volume général qui doit être réparti entre tous les irriguants, la décision de justice implique donc de revoir nos volumes à la baisse. » Et moins d’eau vendue, c’est encore moins de recettes pour la coopérative.

Le soutien du département

L’an dernier, la même cour d’appel avait retiré l’autorisation de la mégabassine de Sainte-Soline et de trois autres retenues encore en projet. Les sites se trouvent sur des zones de reproduction de l’outarde canepetière, un oiseau de plaine agricole menacé, et la Coop de l’eau n’avait pas fait la demande de dérogation nécessaire. Selon nos informations, la demande a finalement été déposée pour Sainte-Soline, mais en attendant la dérogation, le pompage d’eau est interdit.

À l’évidence, la Coop de l’eau 79 n’a pas trouvé la solution pour se remettre à flot. Elle s’en remet même à la puissance publique : son président, Thierry Boudaud – qui n’a pas répondu à Mediapart –, a déclaré le mois dernier à La Nouvelle République que l’avenir des réserves dépendait désormais de l’implication du département.

Coralie Dénoues, présidente (divers droite) du conseil départemental des Deux-Sèvres et fervente partisane des mégabassines, se montre ouverte à cette idée. « Que ce soit par une participation à la gouvernance ou un soutien financier, tout est étudié et sera voté en assemblée départementale », nous précise-t-elle.

Mais pourquoi soutenir un modèle économique qui ne tient plus debout ? « C’est plus complexe que cela, conteste Coralie Dénoues. Il a fallu investir pour protéger les réserves existantes, on ne peut pas juger sur la base d’un projet mis sur pied avant les événements de Sainte-Soline. Ce qui s’est passé n’était pas du tout prévu. » Il faut maintenant du temps pour « analyser tout cela », plaide l’élue, qui précise que le projet de stockage d’eau doit se développer « dans le cadre du protocole de 2018 ».

Ce protocole impliquait notamment, en contrepartie des financements publics, la réduction de moitié des intrants chimiques sur le secteur. Objectif qui n’a pas été atteint, comme le soulignait il y a deux ans un rapport de l’agence de l’eau Loire-Bretagne : sur les cinquante-six fermes concernées, seulement sept ont diminué leur consommation de pesticides. « Il serait regrettable que les fonds publics et les efforts engagés ne puissent pas porter les fruits qu’on attend d’eux », s’était agacée l’agence, financeuse à hauteur de 50 %.

Malgré tous les signaux négatifs, Guillaume Soulisse ne veut pas abandonner le modèle des mégabassines. Pour lui qui est en bio, c’est ce qui lui permettrait de sécuriser des cultures à forte valeur ajoutée, comme le chia et les lentilles. « Mais s’il s’agit de construire des structures pour qu’elles soient dégradées, il vaut mieux ne pas avoir de nouvelles bassines », soupire-t-il. L’horizon est en tout cas « bien ombragé » pour la construction de la réserve dont il dépend, sur la commune de Mauzé-sur-le-Mignon.

À peine un tiers des bassines prévues ont abouti

Pompant de l’eau dans les nappes l’hiver pour arroser des champs en plein été, les mégabassines constituent, selon de nombreux scientifiques, une maladaptation dans une région en déficit hydrique depuis les années 1980.

Depuis le début des années 2000, plus d’une centaine de réserves se préparent dans les départements de Vendée, Deux-Sèvres, Charente-Maritime et Vienne. Elles sont portées par une quinzaine de structures différentes, dont la Coop de l’eau 79.

À ce jour cependant, à peine un tiers des bassines prévues sont en activité. Seuls les projets vendéens ont été menés à terme au début des années 2000. Les autres sont bloqués par la justice, abandonnés par les irriguants ou encore en attente.

La Coop de l’eau 79 n’est pas la seule structure à boire la tasse. La société d’économie mixte Caeds (Compagnie d’aménagement des eaux des Deux-Sèvres), qui gère cinq bassines creusées il y a une quinzaine d’années dans un autre coin des Deux-Sèvres, a accusé en 2023 un exercice déficitaire de 150 000 euros, soulignait il y a quelques mois La Nouvelle République. En Vendée, deux structures s’interrogent sur les coûts de sécurisation des sites existants, selon Le Figaro. Le quotidien relève également que des assureurs prennent leurs distances : Axa s’est retirée d’une structure vendéenne, et le contrat entre Groupama et la Coop de l’eau 79 a été modifié pour tenir compte des nouveaux risques.

* Pierre est un prénom d’emprunt, cet agriculteur ayant requis l’anonymat.

___________

https://www.mediapart.fr/journal/ecologie/011125/deux-chantiers-de-bassines-bloques-par-des-fouilles-archeologiques

Deux chantiers de bassines bloqués par des fouilles archéologiques

Selon les informations de Mediapart, les services de l’État ont prescrit des fouilles sur deux des sites concernés par les projets de réserves de la Coop de l’eau 79. Des traces de civilisation gauloise et néolithique ont été identifiées.

Amélie Poinssot 1 novembre 2025 à 10h43

C’est un nouveau caillou dans la chaussure des promoteurs de mégabassines. Ou plutôt des tessons, des fragments de poterie qui signalent un habitat humain très ancien... Selon les informations de Mediapart, deux des sites prévus dans les Deux-Sèvres par la Coop de l’eau 79 pour ses projets de réserves s’avèrent avoir été occupés à l’époque gauloise et au néolithique. Une découverte qui pourrait conduire à ce que ces stockages d’eau destinés à l’irrigation agricole ne voient jamais le jour.

Dans les périmètres concernés par les projets, des diagnostics ont en effet été réalisés par la direction régionale des affaires culturelles (Drac) de Nouvelle-Aquitaine. Et celle-ci a conclu, pour les emplacements situés dans les communes de Mauzé-sur-le-Mignon et d’Aiffres, à une prescription de fouilles archéologiques. Des fouilles qui, selon la loi, doivent être financées par l’aménageur s’il veut poursuivre son projet. Or, la Coop de l’eau 79 – dont notre enquête montre les graves difficultés financières – n’a pas donné suite aux prescriptions des services de l’État. Ce qui aboutit, à ce jour, à une suspension de facto des projets.

Selon les sondages effectués, qui portent sur 10 % du terrain, le premier site concerné, au lieu-dit le Fief du Petit Bitard, à Mauzé-sur-le-Mignon, pourrait recouvrir un espace de peuplement et de rites funéraires remontant à l’époque gauloise. C’est en tout cas ce qui a été conclu par les services de l’État, sur la base des différents vestiges qui ont été trouvés.

« Il y a des trous de poteaux de bois, qui soutenaient les maisons, nous indique le service régional de l’archéologie de Nouvelle-Aquitaine. Ils se voient particulièrement bien car Mauzé-sur-le-Mignon repose sur du calcaire. Les emplacements d’au moins deux bâtiments sur poteaux ont été repérés. Cela date d’il y a trois mille ans. »

Non loin de ces trous, un ancien four, « avec des pierres brûlées à l’intérieur », a été identifié. « Quand on trouve un four au cours d’un diagnostic, on en trouve en général plusieurs dans les fouilles qui suivent », ajoute le service régional de l’archéologie. Deux petits fossés circulaires d’une vingtaine de mètres de diamètre ont en outre été repérés. « Ces formes sont généralement associées à des structures funéraires, c’est la première fois qu’on en trouve dans cette zone ; celles que l’on connaît se trouvent plutôt vers Niort. »

Village néolithique

Pour les services de l’État, ces vestiges, en bon état de conservation, sont d’un intérêt certain sur l’habitat et les rites funéraires proto-historiques, dans ce coin des Deux-Sèvres où la civilisation gauloise reste assez mal connue. Il faut donc sauver ces traces qui disparaîtraient intégralement au premier passage d’une pelleteuse, et autour desquelles des restes de poteries pourraient également être mis au jour. Au total, 4,7 hectares doivent être fouillés sur les 8 hectares retenus pour la construction de la bassine.

Le service régional de l’archéologie de Nouvelle-Aquitaine l’a fait savoir à la Coop de l’eau dès septembre 2021. Cette dernière, jusqu’à ce jour, n’a jamais donné suite. D’après nos informations, le coût des fouilles est estimé en interne à plus de 800 000 euros. Une dépense insoutenable au regard de l’état financier de la coopérative ? Questionné sur ce point, son président, Thierry Boudaud, ne nous a pas répondu.

Plus récemment, fin 2024, c’est un autre diagnostic du service régional de l’archéologie qui est venu compromettre l’avenir de projets de la Coop de l’eau. Effectué à une vingtaine de kilomètres de là, direction nord-est, sur la commune d’Aiffres, ce sondage est tombé sur une pépite : les traces d’un petit village néolithique.

Selon nos informations, l’État a prescrit, là aussi, une fouille archéologique sur une superficie de 2 hectares, et la mégabassine prévue à cet endroit, sur le lieu-dit Gratteloup, ne pourra pas voir le jour tant que le chantier de fouille n’aura pas été réalisé. « Nous avons trouvé une série de grandes fosses, qui correspondent probablement à l’emplacement de bâtiments sur poteaux entourés d’une palissade », nous précise-t-on. Des silex et des tessons sont également présents sur le site.

La période concernée ? 6 000 à 2 000 ans avant notre ère, une époque pour laquelle les traces – à l’exception des dolmens ou menhirs – ne sont pas spectaculaires, mais précieuses pour la recherche. « Ce sont des trouvailles rares, on n’en a pas tous les matins, témoigne un conservateur. Ce site constitue une belle fenêtre pour la connaissance de la période. »

La Coop de l’eau n’a pas donné suite non plus à cette prescription, et aucune fouille, à ce jour, n’a été réalisée à cet endroit. Il faut dire que les prescriptions de fouilles par l’État – qui touchent seulement 1 % des dossiers étudiés – conduisent souvent à l’abandon des projets, le coût de ce type de chantier archéologique, se comptant en centaines de milliers d’euros, étant difficilement supportable pour les aménageurs.

Le projet de mégabassine à Aiffres est-il maintenu malgré tout ? Le président de la Coop de l’eau 79 a laissé nos questions sans réponse.

https://www.mediapart.fr/journal/economie-et-social/011125/megabassines-un-modele-economique-en-train-de-coulerOpen linkView original on slrpnk.net

Présidentielle en Bolivie : derrière la victoire de Rodrigo Paz Pereira, l’extractivisme sort grand gagnant

Présidentielle en Bolivie : derrière la victoire de Rodrigo Paz Pereira, l’extractivisme sort grand gagnant

Dans le pays andin, la relance économique passera avant l’écologie. Le constat a été confirmé par l’élection, dimanche 19 octobre, d’un nouveau président de centre-droit. Après deux décennies d’un pouvoir de gauche, il l’a emportée contre un candidat encore plus conservateur.

Camille Bouju 20 octobre 2025 à 10h09

Sucre (Bolivie).– Les secteurs de l’agrobusiness et de la mine jubilent, au grand dam des militants environnementaux. Dimanche 19 octobre, le candidat de centre-droit Rodrigo Paz Perreira a remporté l’élection présidentielle en Bolivie, face au conservateur Jorge Tuto Quiroga. Pour les milieux économiques, le message était clair avec cette configuration de second tour : place à une relance orientée vers leurs intérêts, quel que soit le gagnant.

De fait, c’est bien la continuité du modèle extractiviste qui va s’imposer comme l’unique sortie de crise. Cela alors même que, depuis des décennies, ce schéma épuise les sols, ravage les forêts et mine les communautés locales. « Ce qui est fou, c’est que le gagnant de l’élection veut incarner une rupture avec le Mouvement vers le socialisme (MAS), alors qu’il propose exactement la même chose : encore et toujours l’extractivisme », déplore Stasiek Czaplicki, économiste environnemental bolivien.

Depuis l’époque coloniale, l’histoire du pays andin est intimement liée à l’exploitation de ses ressources. De l’or à l’étain, en passant par le cuivre, l’argent ou encore le caoutchouc, l’économie bolivienne a toujours reposé sur ses matières premières. Sous Evo Morales, au pouvoir de 2006 à 2019, la nationalisation des hydrocarbures avait été présentée comme une « seconde indépendance économique ».

Pendant quelques années, les revenus élevés issus de ces exportations ont permis de financer des programmes sociaux massifs, réduisant la pauvreté de près de 20 points entre 2006 et 2014. Vingt ans plus tard, après la chute des ventes de gaz, la dépendance envers ces rentes a plongé le pays dans la crise économique, mais le discours reste le même.

« Malgré les belles années Morales, le pays est resté très pauvre, précise Stasiek Czaplicki. Et pourtant, selon les responsables politiques, il a été béni d’avoir autant de ressources, quand bien même on ne réussit pas à s’industrialiser. À aucun moment ils ne remettent en question cette tradition d’exploitation de nos matières premières. »

Paz Pereira, « l’option la moins pire »

Pendant les deux mois d’entre-deux-tours, les mentions du changement climatique et les engagements pour l’environnement ont été rares*.* Pour Ángeles Mamani, militante environnementale à Sucre, la capitale constitutionnelle du pays, ce silence est lourd de sens : « La crise environnementale n’est pas à l’ordre du jour politique. Le président promet le développement, sans dire à quel prix. La déforestation, la sécheresse, les feux sont des conséquences directes de ce modèle. »

Ces arguments seront loin d’arrêter la nouvelle équipe au pouvoir, qui a déjà promis plus de concessions minières et davantage d’explorations pétrolières. Dans la réserve naturelle de Tariquía, dans le sud du pays, Andrés Miranda se prépare déjà au pire. « Nous avons déjà été criminalisés et accusés d’être contre le progrès. Les compagnies vont redoubler d’efforts si le mot d’ordre est à nouveau de creuser. » 

Ce défenseur environnemental a été attaqué plusieurs fois par la justice bolivienne pour avoir tenté d’empêcher des entreprises pétrolières d’entrer dans cette zone protégée. Néanmoins, il veut accorder le bénéfice du doute à Paz Pereira, originaire de la région : « C’était l’option la moins pire, peut-être qu’il aime Tariquía autant que nous. »

La promesse de croissance faite par Pereira avec son slogan « Capitalisme pour tous » pourrait cependant bien se trouver aussi dans le lithium. La Bolivie en détient les plus grandes ressources mondiales, notamment sous le salar d’Uyuni. Or, l’extraction de ce métal indispensable à la fabrication des batteries électriques s’annonce tout aussi destructrice pour les écosystèmes et les communautés locales.

Iván Calcina, représentant de la communauté de Nor Lípez, voit déjà les effets de l’extraction sur son territoire. « C’est devenu très sec, la faune s’en va, déplore-t-il. Aucune étude d’impact environnemental n’a été réalisée, et l’eau manque déjà. Nous attendions cette élection avec plus de crainte que d’espoir, car nous avons vite compris que cela n’allait pas les arrêter, au contraire. »

Les intérêts de l’agrobusiness

Dans la région amazonienne, cette élection était très appréhendée également. « Le MAS n’a jamais été exemplaire en termes d’écologie, mais il parlait encore de Pachamama [la « Terre-Mère » – ndlr], remarque Ruth Alipaz Cuqui, militante indigène du parc Madidi, sanctuaire de biodiversité. Aujourd’hui, on sait que la nature n’a plus d’importance. » Depuis plusieurs années, le territoire a vu l’exploitation aurifère illégale se multiplier, contaminant les rivières au mercure – métal lourd très nocif utilisé pour l’extraction d’or – et mettant en péril leurs modes de vie.

Rien que dans le río Madre de Dios, affluent de l’Amazone, les autorités du département de Pando ont recensé 546 dragues en 2023, dont la moitié opérées illégalement. « Le prochain gouvernement est une menace pour nos territoires indigènes, qu’il vise à supprimer, dénonce Ruth Alipaz. L’objectif est clair : permettre un accès plus facile aux ressources naturelles qu’ils renferment. L’État ne veut pas s’opposer à ces puissances économiques, il veut leur laisser le champ libre. Lutter contre cela devient de plus en plus difficile. »

Autre fléau : les incendies. En 2024, la Bolivie est devenue le deuxième pays dans le monde avec le plus de pertes de forêts primaires, avec un record de 1,4 million d’hectares disparus, selon l’observatoire Global Forest Watch. « Les incendies sont la conséquence de l’expansion de l’agriculture et de l’élevage dans le pays. La fumée nous rend malades et détruit nos récoltes », alerte la militante Ángeles Mamani à Sucre.

Depuis l’arrivée d’Evo Morales au pouvoir, l’État s’est allié aux élites de l’agrobusiness, assouplissant notamment les restrictions de défrichement. Les ambitions de son successeur à ce sujet sont floues. Dans des déclarations publiques, Pereira s’est montré fermement opposé aux fameuses lois incendiaires – un ensemble de décrets autorisant les brûlis contrôlés pour l’expansion agricole promulgué par le MAS –, mais son programme officiel ne contient aucune mesure concrète pour freiner la déforestation, réduire les incendies ou limiter l’expansion de la frontière agricole.

Si la question écologique est si absente du débat public, c’est qu’elle dérange des intérêts puissants. « Les gouvernements ont peur de proposer des alternatives qui bousculent l’ordre établi, parce qu’on les accuserait d’être anti-développement et anti-entreprises », déplore Ángeles Mamani. Un constat que partage l’économiste Stasiek Czaplicki : « Les secteurs minier et agricole financent toutes les campagnes électorales et possèdent les principales chaînes de télévision. S’y opposer, ce serait un suicide politique. » 

Et pour cause, en Bolivie, ces groupes ont un pouvoir de mobilisation considérable. De peur d’en subir les conséquences, les dirigeants successifs ont préféré composer avec eux. Cette complaisance ne date pas d’hier : tous les gouvernements ont contribué à marginaliser le mouvement écologiste. « À l’extérieur, on continue d’entendre qu’Evo Morales était un président écologique, mais il n’a pris aucune mesure sérieuse en faveur de l’environnement », insiste l’économiste. 

En dépit de la situation, le 6 octobre 2025, l’Union européenne félicitait le président sortant Luis Arce pour son engagement climatique. Un affront pour les militants du pays. « Ce gouvernement n’a rien fait pour nous, l’extractivisme a toujours été sa priorité, s’indigne Ruth Alipaz. Et le suivant sera pire. Alors quoi ? Il recevra aussi une médaille ? »

_

Victorieux, Paz Pereira promet de « redonner un rôle » à la Bolivie

Après l’élimination de la gauche au premier tour de l’élection présidentielle, le 17 août, Rodrigo Paz Pereira et Jorge « Tuto » Quiroga s’affrontaient pour la succession de Luis Arce, le chef d’État sortant, issu d’un Mouvement pour le socialisme (MAS) en pleine implosion.

Si les deux hommes se situent à droite, Paz apparaissait comme l’option la plus modérée, portée par un colistier très populaire, tandis que Quiroga incarnait l’option la plus radicale.

Paz l’a finalement emporté, selon le Tribunal suprême électoral (TSE), avec 54,6 % des suffrages. « Il a gardé un ton très calme, très centriste, [adapté à] ceux qui veulent un changement, mais pas un changement radical », a indiqué la politiste Daniela Keseberg à l’AFP. S’il peut compter sur le plus grand groupe parlementaire à la chambre basse (49 sièges sur 130), il ne dispose pas d’une majorité absolue à lui seul.

Son élection a été saluée par le chef de la diplomatie états-unienne, Marco Rubio, trop heureux de célébrer « une occasion de transformation » après deux décennies de pouvoir du MAS.

« Il faut ouvrir la Bolivie au monde et lui redonner un rôle », s’est réjoui le gagnant dimanche soir, tandis que son vice-président élu, Edmand Lara, en appelait « à l’unité et à la réconciliation entre les Boliviens ».

Fabien Escalona

Présidentielle en Bolivie : derrière la victoire de Rodrigo Paz Pereira, l’extractivisme sort grand gagnanthttps://www.mediapart.fr/journal/international/201025/presidentielle-en-bolivie-derriere-la-victoire-de-rodrigo-paz-pereira-l-extractivisme-sort-grand-gaOpen linkView original on slrpnk.net

« Taxer un peu plus les riches, ça nous parle » : dans la Loire, des grévistes victorieux se démarquent de l’instabilité politique

« Taxer un peu plus les riches, ça nous parle » : dans la Loire, des grévistes victorieux se démarquent de l’instabilité politique

Les salariés de JDE Peet’s, qui fabriquent les capsules de café L’Or près de Saint-Étienne, viennent de remporter une manche pour un meilleur partage des richesses dans leur entreprise. S’ils regardent souvent de loin les débats partisans du moment, ils appellent à s’inspirer de leur « solidarité ».

Mathilde Goanec 9 octobre 2025 à 07h34

Andrézieux-Bouthéon (Loire).– Son téléphone sonne sans arrêt, tout le monde vient aux nouvelles. Mais mercredi 8 octobre, ce n’est pas de l’éventuelle nomination d’un nouveau premier ministre ou d’une éventuelle suspension de la réforme des retraites qu’on parle à Jérôme Stravianos, délégué syndical CFDT de l’usine JDE Peet’s à Andrézieux-Bouthéon.

« Ouais, on vient de signer à l’instant, c’est bon », répond invariablement le responsable syndical du site situé à une quinzaine de kilomètres au nord-ouest de Saint-Étienne. Après seize jours de grève, une semaine de blocage des camions à l’entrée de l’usine et un rond-point occupé jour et nuit, la direction de cet énorme groupe de café basé à Amsterdam et coté en Bourse a enfin lâché sur les augmentations de salaires que réclamaient les grévistes – 180 personnes au pic de la mobilisation, soit la moitié de l’usine et la quasi-totalité du personnel de production et de maintenance.

Il était temps, « la fatigue commençait à s’installer », raconte Jérôme Stravianos, près du monticule de palettes qui brûlent pour quelques heures encore. Les salarié·es ont obtenu 160 euros brut supplémentaires par mois, contre les 50 proposés au début de la négociation, ainsi qu’une prime annuelle de 1 500 euros, 500 euros de mieux que ce que la direction proposait au départ.

Une « victoire » revendiquée par les grévistes, qui éclipse l’agitation politique du moment et que l’on célèbre en se tapant dans le dos. Même si les salarié·es sont lucides sur le poids réel des sommes en jeu. Le commerce du café est florissant et JDE Peet’s a engrangé 422 millions de bénéfices au cours des six derniers mois, dont 350 millions reversés aux actionnaires. Du haut de ces montagnes de profits, les augmentations arrachées au forceps ne constituent qu’une poussière.

Car si le groupe néerlandais, qui se donne pour mission incongrue de « libér[er] le potentiel du café et du thé pour créer un avenir meilleur », est inconnu du grand public, ses marques sont célèbres : L’Or, Senseo, Tassimo, Jacques Vabre, Grand’Mère, Maxwell House… L’usine d’Andrézieux-Bouthéon fabrique principalement les capsules de café L’Or qui sont vendues dans toute l’Europe.

Christophe dit que le conflit social, auquel il a pris part avec constance, l’a « réveillé ». Et il assure que l’enjeu local « résonne complètement » avec la situation politique qui prévaut au niveau national, et la litanie de blocages institutionnels dans lesquels la France s’englue depuis deux ans. « Le partage des richesses, donner à chacun sa part du gâteau, c’est aussi tout ce dont les gouvernements successifs ne veulent pas, trop occupés par leurs petites personnes », estime le salarié. 

Patrice Badiou, qui représentait la CGT dans la négociation, a quant à lui pensé au débat sur la taxe Zucman tandis qu’il bataillait sec pour ses collègues. « Nous faisons face à une société qui est la championne de l’optimisation fiscale, et qui nous a transformés en “centre de coûts” [un site qui concentre les pertes – ndlr] pour payer le minimum d’impôts en France, analyse-t-il. Donc taxer un peu plus les riches, et voir l’opposition que cela soulève, cela nous parle. »

Une « faille » dans le système

Afin d’occuper le rond-point en continu, les salarié·es en cinq-huit (cinq équipes se relaient sur des plages de huit heures) ont reproduit les rotations de l’usine, celles qui avalent régulièrement leurs soirées, leurs nuits et leurs week-ends. Pendant la grève encore, les un·es ont relevé les autres dans un ballet bien rodé. Mais Leila s’est « régalée » de ces moments nouveaux, hors de la routine, à discuter des heures durant avec les collègues.

Bien sûr, la conversation a parfois roulé vers la politique et l’instabilité à la tête de l’État. « S’ils ne réussissent pas à former un gouvernement, ce n’est quand même pas nous qui allons le faire ! Mais ce serait bien que les choses changent, considère la gréviste. Il y a une faille dans le système, ceux qui s’enrichissent, ce sont toujours les mêmes. » Ses collègues et copines ironisent : « Le plein de courses, il est à 300 euros net, et ça, ça ne change pas ! »

C’est une forme d’indifférence qui domine pourtant face aux tractations politiciennes de ces derniers jours. « C’est sûr, on était “focus” sur ce qui nous arrive à nous, mais nous sommes aussi lassés de la politique, explique Slimane*. Macron, il change de ministre toutes les cinq minutes, on n’arrive même plus à tenir le compte ! »*

L’homme, « douze ans de boîte », préfère évoquer les « vingt balles » seulement d’augmentation obtenus en 2024 malgré des résultats déjà record, l’intéressement qui se réduit comme peau de chagrin en raison d’objectifs à atteindre trop élevés, mais aussi ces « 80 millions d’euros perdus par ligne de production et par jour » quand les ouvriers d’Andrézieux-Bouthéon ont décidé de s’arrêter. « Le moyen d’action, il est ici », revendique Slimane.

« C’est le chaos à Paris, mais les gens vivent leur fin de mois ici, confirme Patrice Badiou. Je suis syndicaliste, je ne dis pas que le système politique actuel et la bataille qu’on mène ici ne sont pas liés. Mais disons que si on regarde l’énergie qu’il faut déployer, on pense que cela a plus de sens de la mettre dans le genre de lutte que nous avons menée ici. »

De cette grève chez JDE Peet’s, historique par sa durée pour celles et ceux qui l’ont conduite, Christophe veut avant tout retenir la solidarité qu’il a ressentie et expérimentée pendant deux semaines. « Et la solidarité, tout là-haut, patrons ou politiques, ils n’aiment pas ça, cingle-t-il. Ce n’est pas facile à gouverner, un peuple solidaire. Et parfois, ça coupe des têtes. »

« Taxer un peu plus les riches, ça nous parle » : dans la Loire, des grévistes victorieux se démarquent de l’instabilité politiquehttps://www.mediapart.fr/journal/economie-et-social/091025/taxer-un-peu-plus-les-riches-ca-nous-parle-dans-la-loire-des-grevistes-victorieux-se-demarquenOpen linkView original on slrpnk.net

Gen Z 2025 : De l'Indonésie au Népal - L'Actu des Oublié.e.s - Rapports de Force

Népal, Philippines, Madagascar, Maroc, Pérou : les révoltes de la « Gen Z » se multiplient à travers le monde, avec pour banderole le drapeau pirate au chapeau de paille du manga One Piece. Et c’est en Indonésie que ce mouvement mondial a pris racine, lorsque la jeunesse s’est soulevée contre un régime corrompu et violent.

Retour sur cette boule de neige continentale pour le deuxième épisode de l’Actu des Oublié.es DOUBLAGE Marylou

MÉDIAS Gavroche Thaïlande Asialyst Jakarta Post Kalam Népal Courrier International Mediapart

https://www.europe-solidaire.org/spip.php?article76075#nh3 #BubarkanDPR #IndonesiaGelap

MUSIQUE 1’11 Gen Z #Nepal Youth Protest 18’06 Xigod • Ghayal Freestyle 25’01 Blinkx • Gen-Z Protest 28’15 Tikus Di DPR • HIP HOP

VISUEL Drapeau pirate au chapeau de paille de One Piece, Mexique, 2023 Autrice : Ferfive

Présentation de L’Actu des oublié.e.s

Les oublié.e.s. Les invisibles, les précaires, les laborieux, laborieuses pris.e.s dans l’œil du cyclone capitaliste ; les peuples ou groupes sociaux dont l’existence même est menacée ; celles et ceux que l’on ignore parce que le monde médiatique les a oubliés et qui lèvent le poing dans l’ombre, bien à l’abri du regard des caméras et des micros.

Leur résistance quotidienne, leur soulèvement spontané, leurs expériences sociales soufflent un espoir déterminé, sèment les graines des pratiques futures, s’érigent avec courage en rempart contre l’obscurantisme. Quand un peuple, ou une portion d’un peuple, retrouve sa liberté de parole, expérimente l’auto-organisation et des formes inédites de solidarités et de partage, la transformation sociale commence. C’est peut-être ça, le point de départ d’une révolution. L’instant où les acquis moraux et sociaux d’un évènement, d’une période, font dire à des millions de personnes réunies : Nous ne reviendrons pas à la normalité.

Voilà ce que raconte l’Actu des Oublié.e.s.

Face à la violence crasse et aux ruses décomplexées de l’idéologie néo-libérale qui détricote nos systèmes de santé, épuise les terres et s’enrichit sans partage, opposons les initiatives qui nous rendent collectives, solidaires, et mues par d’heureuses perspectives .

Vingt minutes, deux fois par mois, pour combler le vide laissé par les actualités de ceux dont on parle tout le temps et pour ne pas oublier que nous ne sommes pas seul.e.s. Bien au contraire.

Gen Z 2025 : De l'Indonésie au Népal - L'Actu des Oublié.e.s - Rapports de Forcehttps://rapportsdeforce.fr/linternationale/gen-z-2025-de-lindonesie-au-nepal-lactu-des-oublie-e-s-100725659Open linkView original on slrpnk.net

Indonésie : le pari de l’islam vert | ARTE Reportage

Reportage disponible jusqu'au 22/06/2028 L’islam devient un moteur inattendu de l’écologie en Indonésie, le plus grand pays musulman au monde, où foi et urgence climatique s’allient pour transformer la société.

Des fatwas contre la déforestation, des sermons consacrés à la protection de la planète, des mosquées réaménagées avec des panneaux solaires et des systèmes de recyclage de l’eau : en Indonésie, l’écologie devient un devoir religieux. Le modèle suivi pour cette révolution spirituelle, la mosquée d'Istiqlal, à Jakarta, la plus grande mosquée d'Asie élue premier lieu de culte écologique au monde. Objectif : convertir 70 % des 800 000 mosquées du pays en “éco-masjids”. Dans les écoles coraniques, de futurs imams se transforment en “prédicateurs environnementaux”. Sur le terrain, des “armées vertes islamiques”, reboisent les montagnes de l’île de Java, enseignent l’agriculture durable et mènent des prières collectives, au nom de la préservation de la création divine. Même les plus hautes autorités religieuses, comme le Conseil indonésiens des oulémas publient des fatwas vertes contre les crimes environnementaux. Ce rapprochement entre pouvoir politique et institutions religieuses vise un objectif commun : atteindre la neutralité carbone d’ici 2060. Mais ce mouvement exemplaire n’échappe pas à la critique. L’Indonésie est l’un des plus grands producteurs de charbon au monde, et le premier producteur de nickel. Les ONG de protection de la nature dénoncent une approche trop centrée sur la responsabilité individuelle et silencieuse face aux grands pollueurs industriels. Certains leaders religieux, eux-mêmes impliqués dans des projets miniers controversés, brouillent le message. L’équipe d’ARTE Reportage a rencontré ceux qui veulent faire de l’Islam un levier écologique majeur, entre engagement sincère, contradictions et intérêts croisés.

View original on slrpnk.net

Autoroute A69 : l’État aux petits soins pour Atosca

Autoroute A69 : l’État aux petits soins pour Atosca

La société concessionnaire de l’autoroute Toulouse-Castres pourrait percevoir 41 millions d’euros d’argent public en 2026. Présentée comme un effort pour faire baisser le prix du péage, cette aide va en réalité tout juste éponger l’inflation. Et de sérieuses questions se posent sur son fondement juridique.

Emmanuel Riondé, 27 septembre 2025 à 15h30

Toulouse (Haute-Garonne).– Les pouvoirs publics s’apprêtent à faire un nouveau petit cadeau à Atosca : une enveloppe de 41 millions d’euros, qui témoigne de l’attention constante que l’État porte à la société (montée par le groupe de BTP NGE) concessionnaire de l’autoroute A69 entre Castres et Toulouse.

L’information apparaît dans un mémoire de 34 pages, daté du 10 septembre, remis au président et aux conseillers et conseillères de la cour administrative d’appel de Toulouse par les représentant·es de la communauté de communes Sor et Agout (CCSA) et de la communauté d’agglomération Castres-Mazamet (CACM). La baisse du prix du péage y est présentée comme argument en soutien de la requête en appel de l’État. Ce dernier conteste le jugement rendu en première instance, le 27 février, par le tribunal administratif qui avait annulé les autorisations environnementales ayant permis le début du chantier.

Dans ce mémoire que Mediapart a pu consulter, les deux communautés de communes confirment que les « mesures de réduction de tarif annoncées de 33 % » seront bien prises.

La réduction des tarifs avait été opportunément annoncée le 12 février, quelques jours avant l’audience du tribunal administratif. Mettant en avant « l’inflation exceptionnelle observée ces dernières années et [...] l’évolution des indices et index d’ici la mise en service de l’autoroute », qui allaient conduire « à des tarifs kilométriques moyens plafonds plus élevés » que prévu, l’État et ses partenaires (région Occitanie, départements de la Haute-Garonne et du Tarn, CACM et CCSA), soucieux de « ne pas faire peser trop lourdement sur l’usager le coût de cette augmentation », s’engageaient à verser « une contribution forfaitaire additionnelle d’environ 41 millions d’euros » au concessionnaire, « en contrepartie de la baisse des recettes ».

Selon la délibération du conseil de communauté Sor et Agout du 18 février, ces 41 millions pourront être versés en une fois en 2026, ou en deux fois entre 2026 et 2027. Dans les deux cas, l’État en assume 50,8 %, la région 26,5 %, le département du Tarn 13,8 %, les deux communautés de communes situées sur le tracé se partageant les 9 % restants.

Un péage payé par « tout le monde »

Présentée comme un gage d’effort du concessionnaire et de l’État, cette annonce est pourtant biaisée. Selon le mémoire présenté à la cour d’appel, une « économie d’environ 1,5 euro sur un parcours Castres-Toulouse » serait le résultat d’une « baisse de 33 % entre les diffuseurs de Soual-Est et de Villeneuve-lès-Lavaur ».

Tour de passe-passe : cette baisse de 1,50 euro, censée s’appliquer au tarif de 8,37 euros annoncé au moment de la mise en concession (6,77 euros pour le tronçon A69 Castres-Verfeil, plus 1,60 euro pour le tronçon A680 Verfeil-Toulouse), a été calculée en tenant compte de l’inflation. Il s’agit d’une simple compensation de la hausse des prix.

« En réalité, à quelques centimes près, cette subvention va tout juste permettre d’éponger l’inflation, on revient au tarif 2021… », résume Geoffrey Tarroux, du collectif La Voie est libre. « Le terme de “contribution forfaitaire additionnelle” résume à lui seul le problème, s’agace Christophe Pouyanne, maire d’Appelle, une petite commune de la CCSA qui s’est opposée à cette décision. C’est juste faire payer à tout le monde un péage que certains n’emprunteront même pas. En plus, ça s’ajoute à la subvention d’équilibre. On payait déjà cher cette autoroute, là c’est carrément le tapis rouge pour NGE : on préachète son chiffre d’affaires avec de l’argent public, c’est ahurissant… »

De fait, ces 41 millions s’ajoutent aux 23 millions de la subvention d’équilibre endossée par l’État et les collectivités, faisant gonfler la participation publique au projet. Celle-ci s’est aussi traduite par un autre cadeau à Atosca : le phagocytage par le concessionnaire des déviations de Soual et Puylaurens. Deux ouvrages réalisés en 2000 et 2008 sur la RN126 avec de l’argent public, mais dont l’utilisation sera désormais conditionnée au péage de l’autoroute exploitée par un opérateur privé…

Au-delà des questions que pose l’injection supplémentaire d’argent public dans un projet dont la contestation populaire ne faiblit pas et qui, en attendant l’appel fin novembre, ne revêt pas pour la justice un « intérêt public majeur », l’octroi de cette subvention pose un autre problème : celui de son fondement juridique.

« Dans les contrats de concession d’autoroutes, il y a un doute sur le droit d’indexer les prix sur la base de l’inflation », explique Jean-Baptiste Vila, maître de conférences en droit public à l’université de Bordeaux, actuellement en délégation à l’université de la Polynésie française.

Un décret de 1995 permet d’augmenter le prix des péages chaque année en tenant compte de l’inflation et de l’amortissement des travaux. Mais pour ce spécialiste du droit des concessions, auditionné en mai par la commission d’enquête parlementaire sur l’A69, ce texte est fragile : « Une ordonnance de 1958 interdisait l’indexation sur la base de l’inflation dans les contrats publics et une ordonnance est supérieure à un décret, donc le texte de 1995 n’était pas légal. Et il y a tout lieu de croire que cette illégalité initiale n’a pas été résolue », observe-t-il.

Il existe bien un article L112-3 du code monétaire et financier qui prévoit une exception à l’interdiction (stipulée par l’article L-112-1), concernant spécifiquement les « contrats de concession [...] dans le domaine des infrastructures et des services de transport ».

« Mais cet article, issu de la loi écotaxe de 2013, note que les exceptions doivent être précisées en décret. Or, on n’a eu aucun décret depuis. L’État continue donc de se référer au décret de 1995, ce qui pose un sérieux problème de droit : dans quelle mesure un texte réglementaire, illégal au départ, peut-il être le texte d’application d’une loi adoptée vingt ans plus tard sans avoir soldé son illégalité ? », s’interroge Jean-Baptiste Vila.

L’universitaire replace le tout dans un enjeu plus large : « La logique des contrats de concession, c’est un pouvoir public qui confie des investissements à une société contre un droit d’exploitation borné dans la durée : cela amène à un équilibre économique prévisionnel. Mais ce n’est que prévisionnel, le cocontractant doit assumer un risque. Si on commence à distribuer des subventions publiques, à accorder des aides, on touche à cette notion de risque. En l’espèce, la question est donc de savoir si dans ce contrat, il y a toujours un risque pour le concessionnaire. Parce que s’il n’y en a plus, ce n’est plus une concession, c’est un marché public et ça n’obéit pas aux mêmes règles. »

Des « risques » ? Depuis le début, les porteurs de l’A69 avancent main dans la main avec les autorités pour les déjouer.

Ainsi de la durée inédite de la concession accordée à Atosca, cinquante-cinq ans, actée dans un avis de l’Autorité de régulation des transports de janvier 2022 (point 53 et suivants), qui donne à voir toute la mansuétude du « concédant » (l’État) à l’égard du concessionnaire. Ou encore, le 28 mai, du sursis à exécution du jugement du 27 février prononcé par la cour administrative d’appel de Toulouse, permettant de reprendre les travaux après trois mois d’interruption.

Ou enfin de ce soutien politique sous forme d’une loi de validation - portée par Jean Terlier, député (LREM) de la 3^(e) circonscription du Tarn, dont l’épouse est une cadre du groupe Fabre. Lequel a fait du projet autoroutier l’une de ses priorités logistiques. Les éventuelles adoption et promulgation de cette loi enjambant le judiciaire attendent désormais la mise en place du nouveau gouvernement.

Dans la foulée, Atosca pourrait donc récupérer un autre cadeau, sonnant et trébuchant cette fois. Sonnant comme une promesse mensongère et trébuchant comme un édifice mal fondé en droit.

https://www.mediapart.fr/journal/economie-et-social/270925/autoroute-a69-l-etat-aux-petits-soins-pour-atoscaOpen linkView original on slrpnk.net

Les guerres invisibles de Wikipédia

Une vidéo assez cool à regarder avec des supers histoires mais vraiment pas très fun à monter ! J'ai vraiment kiffer la partie "défilement de texte" mais sinon c'est vraiment des screenshots qui bougent ... 521 screenshots pour cette vidéo. C'était pas ultra fun mais pas non plus complètement nul. J'ai remarqué au fil du montage des petites imprécisions dans mes dires mais souvent c'est des noms que je dis mal donc rien de très grave. Bref, la prochaine vidéo sera cool à faire mais plus courte. On se voit début décembre !

Une vidéo qui aborde les "guéguerres" qui peuvent avoir lieu sur notre encyclopédie favorite qui ne sont pas liées à des batailles idéologiques de grandes envergures mais plutôt à des batailles d'égos et de trolls plus ou moins insignifiants, le meilleure de la futilité humaine en somme.

View original on slrpnk.net