Spyke

Article intéressant. Comme d'habitude, The Conversation va bien lire les publis scientifiques. C'est vraiment un média que je commence à apprécier de plus en plus.

TL:PL: Sur les questions de stockage du carbone, le non-labour ne semble avoir aucun avantage. Il y a un doute sur le fait qu'il puisse émettre plus de protoxyde d'azote (lié à la décomposition des plantes en surface). Et pour avoir un rendement similaire à une culture avec labour, il faut utiliser plus d'herbicides, car un des avantages principaux du labour est d'arracher des herbes qui gênent la culture.

Au-delà de ça, j'ai trouvé une discussion intéressante sur le fait qu'il semble bien bénéfique, dans les deux cas, labour ou non labour, de planter des plantes d'intercultures. C'est-à-dire des plantes semées mais qui ne seront pas récoltées, pour occuper la terre entre deux productions. Ça permet de faire concurrence aux herbes qu'on détruirait autrement par herbicide. Et surtout, ça augmente le stock de carbone capturé par l'agriculture.

Et ça, c'est un thème, j'aimerais qu'à un moment, ça arrive un petit peu plus dans le débat climatique, c'est qu'on va avoir besoin de refixer du carbone, même si on arrive à sortir des fossiles. On a passé le point où on en a émis trop, on va devoir en refixer. Alors il y a des machines plus ou moins énergivores, plus ou moins efficaces qui existent, mais la technologie qui est déjà déployée et qui occupe déjà une énorme surface sur la Terre, ça reste l'agriculture. Si on trouve des pratiques d'interculture qui permettent d'enlever chaque année un peu de CO2 de l'atmosphère, ce serait une chose fantastique.

Quand j'ai eu à m'occuper d'une petite surface de terrain, je m'étais posé la question de comment fixer le maximum de carbone dedans. Et j'étais surpris de voir qu'il n'y a pas vraiment de réponse à ça, qu'il y a des interrogations, mais rien de très clair. Comment fixer le maximum de biomasse ? Est-ce qu'il faut laisser tout pousser ? Est-ce qu'il faut couper et composter à un endroit concentré pour créer du sol? Est-ce qu'il faut laisser pourrir sur place? Est-ce qu'il faut broyer?

Et même, ce qui me paraît très contre-intuitif, mais pas complètement impossible: vaut-il mieux brûler et utiliser les cendres pour accélérer la croissance à certains endroits ? (A priori non, mais peut se justifier sur certains sols!)

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jlai.lu

Cela ne signifie pas qu’il faut revenir au labour systématique, mais plutôt reconnaître que le travail du sol peut être un outil parmi d’autres, mobilisé de façon stratégique et ciblée dans certaines situations.

[...]

Nos travaux suggèrent qu’aucune pratique isolée ne constitue une solution miracle. Les leviers les plus efficaces semblent plutôt résider dans la diversification des cultures, l’usage régulier des couverts végétaux, l’allongement des rotations, l’intégration de légumineuses fixatrices d’azote et de plantes pérennes, ou encore l’agroforesterie.

En gros, revenir à une époque où le paysan est maître de sa terre et de sa production, en s'éloignant de la monoculture intensive avec intrants et semence régulée. El famoso "bon sens paysan" qu'on a un peu perdu avec l'intensification de l'agriculture j'ai l'impression.

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Oui, enfin, le "bon sens paysan", ça ne va pas sucer de son pouce des résultats de recherche scientifique comme ce que produit l'INRAE.

Il ne faut quand même pas oublier qu'à l'origine, cette expression, c'est la grosse manipulation conservatrice. Les paysans s'intègrent dans une pratique traditionnelle de l'agriculture qu'absolument rien ne prouve comme étant optimale ou bonne à long terme. Un paysan aujourd'hui va te dire qu'on a toujours eu des tracteurs et qu'on a toujours mis de l'engrais. Et il va maudire le fait qu'il y ait plein de gens qui ne veulent plus manger de viande. Et il a une dette qui peut aller jusqu'à 1 million d'euros pour son dernier tracteur plus gros, plus lourd, avec plus de gros engins.

Allez un jour à une fête du boudin pour vous y frotter au bon sens paysan, vous verrez à quoi ça ressemble.

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jlai.lu

Pour avoir passe un peu de temps a la campagne, le bon sens paysan c'est majoritairement la productivité, les produits chimique et basta. La conf c'est que 20% des agriculteurs. Le premier réflexe quand o' veut interdire un produit c'est "on va crever" plutôt que "ça va rééquilibrer le marché agricole".

Donc pour la.mise en oeuvre il faut prévoir un budget accompagnement par l'INRA régulier pour aider les paysans a trouver les bonnes recettes (qui sont variables)

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Badreply

Oui ce qu'on a perdu ce n'est pas la paysannerie, c'est l'indigénat.

Le décolonialisme s'applique aussi à la métropole, c'est lutter pour rendre les terres à des gens qui y sont attachés et qui les respectent plutôt que de les laisser dans les mains de propriétaires productivistes (ce qui demande un basculement de beaucoup de notre rapport à l'agriculture et de la façon dont on aborde la nourriture, donc comme tout c'est intersectionnel avec d'autres idées radicales).

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Faut-il vraiment arrêter de labourer les champs ? | Spyke