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Allocution présidentielle - Le journal des briques #135

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À la une, les retombées des manifestations du 17 octobre.

Le journal des briques #135

Bonjour et bienvenue dans votre journal.

BRÈVES CONTRADICTOIRES

À la une des derniers jours, le gouvernement minimise sa responsabilité après qu’une adolescente de 17 ans victime de violences policières le 17 octobre a perdu l’usage de son œil. La ministre de la Santé Stéphanie Rist a en effet affirmé que s’il lui reste un œil, bah ça va, faudrait voir à pas se plaindre, y en a qui ont perdu les deux. Le Rassemblement national a demandé la démission du président du Conseil Constitutionnel, après que ce dernier a affirmé qu’il y avait une constitution.

C’EST LA DÉCADENCE

Manifestation du 17 octobre, la France se réveille groggy après une journée de mobilisation massive, émaillée de nombreuses violences et possiblement d’un mort. Laurent Nunez, bonjour.
Nunez, Il condamne les violences — Bonjour.
Journaliste — Laurent Nunez, vous avez présenté votre démission à Emmanuel Macron, qui l’a refusée, et vous affirmez qu’il n’y a pas eu de sous-estimation de l’ampleur du mouvement.
Nunez — Absolument, on savait très bien dès le début qu’il y aurait 800 000 perso... euh, je veux dire, 550 000 personnes.
Journaliste — Pourtant, vous avez passé les jours précédents à affirmer que le mouvement était en train de reculer, et qu’il n’y aurait que 80 000 à 100 000 personnes dans la rue samedi.
Nunez — Je ne vois pas de quoi vous voulez parler. Et puis zut, comment on pouvait deviner qu’après avoir passé une semaine à rien écouter des revendications, on allait rendre les gens violents ?!
Journaliste — Ah bah oui, c’est incompréhensible.
Nunez — Exactement !

ÇA VA PAS, QUOI

Journaliste — Évidemment, comme d’habitude, les plus prompts à condamner les violences, c’est les gens du Rassemblement national, spécialistes en la matière. Jordan Bardella, bonjour.
Bardella, Il condamne les violences — Bonjour.
Journaliste — Jordan Bardella, j’imagine que vous condamnez les violences.
Bardella — Bien sûr ! L’ordre n’existe plus aujourd’hui en France !
Journaliste — Ah oui, carrément ?
Bardella — Tout à fait ! Tout part à vau-l’eau à cause des wokistes communautaires d’ultra gauche ! Ils ont ruiné la nation française ! Il n’y a plus rien qui va dans ce pays à cause d’eux.
Journaliste — C’est clair, il y a même des gens qui sont antisémites et qui pensent quand même qu’ils peuvent être Premier ministre.
Bardella — Oh j’vous emmerde !

ON SE LE DEMANDE

La Présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet, quant à elle, demande l’organisation d’une commission d’enquête. Yaël Braun-Pivet, bonjour.
Braun-Pivet, Elle condamne les violences — Bonjour.
Journaliste — Yaël Braun-Pivet, pourquoi exactement voulez-vous organiser une commission d’enquête à l’Assemblée ?
Braun-Pivet — Parce qu’il faut faire toute la lumière sur les débordements que nous avons observé lors du 17 octobre ! Toute cette violence est injustifiée et injustitiable, nous devons donc trouver ce qui la justifie !
Journaliste — Mais c’est pas particulièrement difficile de trouver la cause de ces violences même sans avoir besoin d’organiser une commission d’enquête.
Braun-Pivet — Bien sûr que si ! Nous, au gouvernement et à l’Assemblée, on est des gentils ! Et les gens qui nous aiment pas c’est forcément des méchants. Alors nous, notre but, c’est de comprendre pourquoi ils sont méchants !

PAROLE AU PATRON

Le Président de la République Emmanuel Macron a quant à lui pris la parole dimanche à 20 heures.

Macron — Salut les factieux d’ultragauche ! Euh j’veux dire, Françaises, Français, mes chers compatriotes. Non mais franchement, franchement, mais ça va pas ? Qu’est-ce qu’il y a dans vos têtes ? Qu’est-ce qu’on vous a fait ? Vous savez ce que vous êtes ? Moi je vais vous le dire, vous êtes vraiment une bande d’ingrats. Moi je me décarcasse depuis quasi dix ans pour vos petits culs, et voilà comment vous me remerciez ! Ça me dépasse ! Puis vous voulez qu’on fasse quoi au bout d’un moment ? Qu’on bloque les prix, qu’on supprime Parcoursup, qu’on débloque dix milliards d’euros pour l’Éducation nationale ? ... Oui bah non, on peut PAS ! Point ! Vous avez pensé à la DETTE ? On a dix mille millions de milliards de dette, et tout ça à cause de qui ? ... Euh... Et tout ça à cause de vous, parce que vous êtes trop paresseux d’abord ! Certainement pas à cause de moi ! Bref, tout ça pour vous dire comme d’habitude que je vous emmerde et que si c’est comme ça je me casse ! Enfin je reviens dans quatre jours hein vous inquiétez pas, je sais bien que je vais vous manquer super vite. Allez, vive la République, et vive moi !

Journaliste — Pour notre entretien du jour, nous nous retrouvons avec la candidate du Rassemblement national à l’élection présidentielle Marine Le Pen. Marine Le Pen, bonjour.
Le Pen, Elle condamne les violences — Bonjour.
Journaliste — Marine Le Pen, pensez-vous que les revendications que les lycéens et plus largement les Français expriment doivent être écoutées ?
Le Pen — Bien sûr, elles doivent être écoutées, et certainement pas kidnappées par les factieux de l’ultramégagauche insoumisocommuniste qui ne pensent qu’à fumer du shit au bord des écoles et à piller des magasins Dior.
Journaliste — Bien sûr. Mais on peut comprendre que les Français soient exaspérés à force de ne pas être écoutés, vous ne trouvez pas ?
Le Pen — Bien sûr que si, et je vous rappelle que moi, je suis toujours du côté des Français face au principal problème de notre pays, la source de tous les maux.
Journaliste — Qui est ?
Le Pen — L’immigration !
Journaliste — Bien sûr.
Le Pen — Évidemment. Si on enlève les immigrés, les établissements scolaires vont guérir d’eux-mêmes et redevenir comme neufs. Ce sera comme de la magie ! Et je tiens à dire que ça relève juste du bon sens !
Journaliste — Oui, du bon sens bien sûr. Nous vous souhaitons une fin de journée. À bientôt !

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