La manif du 17 octobre - L'heure des briques #80
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En débat, le mouvement social des lycéens et lycéennes, et la victoire de Glucksmann à la primaire des socialistes.
Bonjour et bienvenue dans L’heure des briques, votre émission qui décrypte l’actualité de façon très objective.
Dans les informations vérifiées des derniers jours, après le vote à l’Assemblée nationale de la loi intégrale, les violences sexistes et sexuelles ont baissé de 4000 %, d’après les chiffres transmis par le ministère de la Justice. Primaire socialiste, le candidat de la Gauche Républicaine et Socialiste Emmanuel Maurel a remercié tout le monde de l’avoir bien regardé avant de retomber dans l’oubli.
Pour commenter ces informations, je serai tout d’abord accompagnée de l’homme à la plus grande concentration de sel de la planète Terre, Olivier Faure. Olivier Faure, bonjour.
Faure — Bonjour.
Journaliste — À ses côtés, le ministre de la Justice qui adore voir ses administrés Gérald Darmanin. Bonjour Gérald Darmanin.
Darmanin — Bonjour.
Journaliste — En face d’eux, le futur président de la République en 2032 Bally Bagayoko. Bally Bagayoko, bonjour.
Bagayoko — Bonjour.
Journaliste — Et on termine ce tour de table avec le futur président de la République en 2027 Raphaël Glucksmann. Raphaël Glucksmann, bonjour.
Glucksmann — Bonjourun.
Journaliste — Notre premier sujet est évidemment de très loin et sans aucune contestation le sujet le plus important de l’année, la victoire de Raphaël Glucksmann à la primaire de toute la gauche.
Bagayoko — Si je puis me permettre, il me semble qu’il n’y avait pas entre guillemets si on veut toute la gauche qui était dans un sens représentée lors de cette primaire.
Journaliste — Ouais, grave. Alors Raphifou, notre champion, t’es content d’avoir gagné ?
Glucksmann — Ouiiii j’suis trop content ! C’est une victoire légitime du vrai candidat du peuple et des travailleurs !
Journaliste — Ah oui oui, qu’est-ce que tu es crédible, tu peux dire encore des trucs de président Raphaël pour nous éblouir ?
Glucksmann — Bien sûr, je représente la France, une, indivisible et universaliste, qui nous a donné ce que nous avons de plus précieux : la République !
Journaliste — S’il est pas élu dès le premier tour dans sept mois je sais pas ce qu’il vous faut.
Faure — J’en suis ravi.
Journaliste — Olivier Faure, pour vous c’est un sacré désaveu d’avoir obtenu un score aussi faible au premier tour.
Faure — Je ne le prends pas comme un désaveu. Il s’agit juste de l’expression souveraine des sympathisantes et des sympathisants du Parti socialiste.
Darmanin — En langage politique, ça, ça veut dire « J’ai pris une branlée ».
Faure — Ta gueule.
Glucksmann — Bah c’est ta faute d’abord na, t’avais qu’à pas m’embêter en fait ! Espèce de méchant.
Faure — Le méchant c’est lui qui contrôle les finances du parti donc il te prierait de changer un peu ton langage.
Glucksmann — M’en fiche, j’ai déjà deux millions d’euros pour ma campagne, j’ai plus besoin de toi !
Journaliste — Vous savez combien ça coûte une campagne présidentielle ?
Glucksmann — Euh non je sais pas.
Journaliste — Bah plutôt dix millions d’euros hein.
Glucksmann — Ah bon ?
Journaliste — Bah oui.
Glucksmann — Ah. Je n’ai jamais envisagé mener cette bataille sans l’appui du Parti socialiste. Ce sont des partenaires de confiance qui ont soutenu Place Publique dans tous ses combats jusqu’à aujourd’hui. Je remercie tout particulièrement leur Premier secrétaire, car sans lui, rien ne serait possible.
Faure — Quant à moi je félicite Raphaël Glucksmann pour son engagement au service de la gauche et je souhaite qu’il mène le Parti socialiste et l’ensemble du pôle social-démocrate jusqu’à la victoire à l’élection présidentielle de 2027.
Journaliste — Clignez deux fois des yeux si on vous a forcé à dire ça.
Faure — Me le demandez pas s’il vous plaît.
Journaliste — Bally Bagayoko, qu’est-ce que vous pensez de la victoire de Raphaël Glucksmann ?
Bagayoko — La victoire de qui, excusez-moi ?
Journaliste — Bah de Raphaël Glucksmann. C’est lui là.
Bagayoko — Ah, c’était lui entre guillemets Raphaël Glucksmann.
Journaliste — Oui vous savez, politicien de gauche qui a gagné la primaire du PS.
Bagayoko — Eh bien si je dois juger entre guillemets de manière si vous voulez raisonnable, je lui souhaite la bienvenue et j’espère d’une certaine manière le voir si vous voulez dans les mouvements sociaux, où je suis certain entre guillemets qu’il sera parfaitement bien accueilli s’il est autant de gauche qu’il le prétend d’une certaine façon.
Journaliste — Raphaël Glucksmann, ça veut dire qu’il vous invite à la manifestation du 17 octobre, c’est bien, ça, non ?
Glucksmann — Non.
Journaliste — Et on enchaîne tout de suite avec notre second sujet, le nouvel acte de la mobilisation lycéenne. Après une journée de manifestation ce mardi, rendez-vous est pris pour de grands rassemblements le samedi 17 octobre. Face à la surdité absolue du gouvernement, les manifestations promettent d’avoir une grande ampleur. Gérald Darmanin, vous en pensez quoi ?
Darmanin — Qu’on va leur péter la gueule et qu’on va voir ensuite s’ils ont une grande ampleur.
Journaliste — C’est déjà ce que vous faites depuis deux semaines et ça n’a pas spécialement marché jusque-là.
Darmanin — Oh vous savez, comme dit le proverbe, si tu n’arrives pas à résoudre un problème à coups de matraque, c’est que tu n’as pas donné assez de coups de matraque.
Journaliste — Oui après en attendant c’est pas vous qui donnez les ordres, si ? C’est Laurent Nunez, le ministre de l’Intérieur.
Darmanin — Ahah, oui, c’est vrai, si on veut c’est Laurent Nunez bien sûr.
Journaliste — Qu’est-ce que vous sous-entendez ?
Darmanin — Bah que si Laurent Nunez avait posé tout nu avec une casquette de colonel de la SS dans une soirée très arrosée et que par hasard les clichés étaient arrivés sur mon bureau, bon, je ne les transmettrais pas. Je suis un homme d’honneur vous savez.
Journaliste — Oui oui je sais. Le digne héritier de Sarkozy. En moins bien vu que vous serez jamais président.
Darmanin — Hééé !
Journaliste — Raphaël Glucksmann, est-ce que vous soutenez le mouvement ?
Glucksmann — Euh... Euh... Eh ben... Oui... Non... Peut-être…
Faure — Je soutiens personnellement le mouvement social des lycéens, ces derniers ont des revendications légitimes qui doivent être entendues, et les violences policières sont absolument scandaleuses ! Les jeunes ont le droite légitime de se révolter ! Enfin pardon Raphaël, c’est toi le candidat, c’est toi qui décides, je vais pas te savonner la planche.
Glucksmann — Oui. Parce que les profs, ils sont gentils. Et il faut qu’on soutienne les profs, parce qu’ils votent pour nous. Donc moi je veux multiplier par dix mille les salaires des professeurs.
Journaliste — Olivier Faure, vous êtes d’accord ?
Faure — Je pense qu’il faut aller encore plus loin, il faut tout reconstruire, tout réparer, renverser la table et rénover tant l’éducation nationale que la police de la cave au grenier, pour enfin mettre fin aux inégalités dans notre république. Faites la révolution, mes frères et sœurs ! Enfin pardon Raphaël c’est toi qui décide bien sûr c’est toi le candidat.
Glucksmann — Oui, je veux être le candidat de la raison et je condamne les violences, qu’elles viennent des casseurs ou des policiers, mais le plus important c’est de soutenir nos professeurs.
Journaliste — On croirait presque qu’ils votent pour vous.
Darmanin — Pour ma part je considère que nous ne devons pas nous abaisser à discuter avec des gens qui ne pensent qu’à vandaliser. Je pense qu’on peut même parler, ici, de faits qui relèvent du lycéanoterrorisme.
Journaliste — Vous êtes fatiguant, mais d’une puissance.
Darmanin — Je sais.
Journaliste — Bally Bagayoko, que pensez-vous des propos qui ont été tenus ?
Bagayoko — Eh bien j’invite entre guillemets toutes ces personnes qui d’une certaine manière se sentent si proches de la population je dirais à venir avec nous dans les cortèges de manifestation car ils auront entre guillemets la preuve qu’elles se déroulent de manière si on veut pacifiques et ils pourront nous aider à être si vous voulez des forces de médiation. Je suis sûr dans un sens que tout le monde saura faire bon accueil à M. Darmanin, M. Faure et M. Glucksmann.
Journaliste — Un optimisme à toute épreuve. Nous vous souhaitons une soirée. À bientôt !
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